samedi 22 août 2026

Castillon-les-Sables Slam

 Sur une plage au soleil, un grand château de sable.

Une splendide merveille, chef d’œuvre véritable.

Assiégée par la mer, cette superbe place forte,

Chaque heure un peu se perd car les vagues l'emportent.

C'est Castillon-les-sables et toi qui la contemple

Tu te sens sa semblable.

 

Toi aussi il te semble que tu es grignoté 

Par les vagues, peu à peu, bout à bout emporté.

Qu'est-ce donc que tu veux ? Quelle est ta volonté ?

Tu voulais un travail, une motivation

Et faire des trouvailles, accomplir une mission.

Tu voulais prendre plaisir à te sentir utile,

Tu avais le désir du devoir accompli.

Mais tu te trouves assis face à des tâches futiles

Contemplant un bureau rempli de KPI.

Face au tableau excel tu vois, faute de budget,

Ton av'nir qui se scelle, l'air devenir mauvais.

Le futur se dérobe, fond comme neige en été

Et tu sens que s'érode ta personnalité.

 

Tu avais des désirs, des envies

Tu voulais vivre, tu survis.

Tu voulais une motivation,

Tu t'contentes d'une rémunération.

Tu voulais cueillir des renoncules et flâner dans les prés

Mais tu fuis la canicule sur cette planète brûlée.

 

Tu voulais vivre en démocratie

Vivre entre frères, entre égaux, entre amis.

Mais aujourd'hui, tu vois monter autour de toi

Le racisme , le fascisme.

Tu baisses la tête et tu te tais

Tu acceptes ce qui est.

Tu baisses la tête et tu pleures

Tu laisses passer l'orage, tu as peur.

 

Acceptation et résilience

Chaque jour ça recommence

Et tu sens, petit à petit, toute ta vie t'échapper 

Mais tu acceptes ce que tu n'peux pas changer.

 

Au fond de toi, tu voudrais résister.

Relever la tête, te tenir droit, tenir la  barre, croire en tes droits.

On te traite comme moins que rien mais au fond tu le sais bien

Que tu es un être humain.

 

Quand tu penses à l'avenir

Quand tes enfants seront grands

Pourras-tu être cohérent ?

Pourras-tu dire sans mentir

Que t'as tout fait, qu'tu t'es battu, que t'as résisté comme t'as pu ?

 

Acceptation et résilience

Encore une fois, ça recommence.

Résilience et acceptation

Pour te bercer d'illusions

Sur tes yeux t'as posé un filtre.

Mais dans ton esprit asservi

C'est par la base que l'eau s'infiltre 

C'est par la base que la mer monte

Et c'est d'en bas que vient la honte.

 

Il faut changer ce que tu n'peux pas accepter.

 

Alors enfin ouvre les yeux, bats toi, fais de ton mieux !

Fais donc d'abord une petite chose,

Choisis un drapeau, une  cause.

Si tu n'peux pas résister, si t'es trop faible pour lutter,

Tu peux 

Au moins

Crier ! 

 

Crie ! Peut-être seras-tu entendu.

Crie ! Nous sommes nombreux à être perdus.

 

Nous sommes 8 milliards sur cette Terre

Contre une poignée de milliardaires.

 

Regarde Castillon et tous ces grains de sables emportés un par un ...

Quel funeste destin !

Mais quel est le géant qui abat ces remparts ? 

Ce n'est pas une goutte d'eau, isolée, sans espoir. 

C'est l'immense océan.

C'est le nombre, le pouvoir.

 

Tu es un grain de sable, peut-être un gravillon,

Unis à nos semblable, nous sommes du béton. 

lundi 20 juillet 2026

Répit entre canicules - slam

 (Slam présenté à Montreuil le 30 juin 2026)

 

On respire aujourd'hui dans ce monde maudit.

De l'air frais sur nos terres

Desséchées par l'été.

On renaît, on espère ,

On sourit, on revit.

 

Nous, nous sommes là, encore

Mais il y a eu des morts.

Dans les ephad, les hôpitaux,

Logements trop chauds,

Mille morts humains 

Et millions d'animaux.

 

On respire aujourd'hui

Dans ce monde maudit.

Mais pour combien de temps ?

Quel av'nir nous attend ? 

Faudra-t-il revivre ça ?

Enfermés dans le noir

Trempés d'sueur

Face au ventilateur

À attendre le soir...

Ça n'peut plus durer comme ça.

Non, ça n'peut pas.

Consensus scientifique,

Réchauffement climatique...

On a eu chaud hier 

Et ça s'ra pire demain

Mais que peut-on y faire 

Avec nos petites main ? 

 

Certains n'ont pas eu chaud.

Bolloré et Dassault,

Stérin, Bernard Arnault...

Devrais-je les imiter ?

Face à la canicule

S'envoler sans scrupules 

Dans un beau jet privé 

Partir aux Philippines

Et sur une plage privée 

Ou au bord d'une piscine

Boire à petite gorgées

Un champagne bien frappé.

 

Pendant c'temps, l'étudiant,

Dans sa chambre de bonne,

Mansarde sous les toits,

Aux songes s'abandonne.

 

Flotte dans les airs une grande villa,

Palais de féérie,

Des moulures au plafond, de belles boiseries,

Des meubles marquetés. Tout est climatisé.

Le propriétaire est aux Philippines,

Au bord d'une piscine.

 

La maison est vide. 

 

Et soudain, l'étudiant comprend

Que cette villa est là, pas loin, 

Qui l'attend 

Avenue Foch, à Paris.

 

Avec des amis : des sans-abris,

Des mal logés, des surchauffés,

D'une main sure,

Il fait sauter la serrure.

 

Dans ce palais climatisé,

Ils établissent un camp, des lits,

Un refuge climatique 

Face à un monde apathique.  

Lutte Ouvrière - slam

 (slam présenté au Petit Ney le 20 juin 2026)

 

Le dira-t-on ? Oui, j'ose !

Lutte Ouvrière, quand-même, c'est toujours la même chose.

Toujours les mêmes refrains, toujours les mêmes chansons 

Qui en toute occasion parlent de révolution.

 

Ils nous parlent du Capital, livre du 19ème siècle !

Ce vieux bouquin usé parle de boulangers

Qui vendent des pains fabriqués avec de la farine coupée

À la poussière

C'est moins cher.

En ces temps-là, il n'y avait pas 

De contrôles qualités

De normes établies 

Pour causer des soucis

À qui désire vendre à ceux qui veulent acheter.

C'était le temps de la liberté,

Du capitalisme débridé.

 

En ce temps là, parfois,

Le smog répandait sur la ville

 Une odeur bien vile,

Une poussière de charbon

En crassant les poumons.

Ces jours-là, les bourgeois 

Dans leurs calèches tirées

Par quatre destriers 

S'en allaient à la campagne

Où l'air pur et le calme

Permettent posément 

D'élaborer les plans

Des prochaines usines 

Qui empliront la ville 

De nouvelles toxines.

 

Mais les choses ont changé !

Aujourd'hui quand la canicule brûlante 

Nous enlace de sa chaleur étouffante,

Elon Musk, Bolloré,

Ne montent plus dans une calèche dorée.

Non ! Ils prennent leurs jets privés

Partent aux Maldives ou à l'Île de Ré, 

Et au long du trajet ils rejettent des fumées 

 Qui comme une chape noire...

 

Le Capital, au fond, c'est toujours la même chose. 

Toujours les mêmes refrains, 

Toujours les mêmes patrons

Qui en toute occasion 

Nous volent notre pognon. 

dimanche 19 avril 2026

Slam

 Poème écrit lors d'une soirée slam au Petit Ney

 

Tu sais, vraiment, je t'ai aimé 

Pour toi, j'ai tout quitté.

Je t'ai tout donné,

Mes meilleures idées,

Mes meilleures années.

 

Pour te rejoindre à Angoulême 

En une matinée blême 

J'ai laissé derrière moi

Ma maison, mon chez moi,

Mes amis, mes parents,

Mon mari, mes enfants.

 

Quand on s'est rencontrés, 

Moi j'y ai tellement cru !

Et je t'ai tout donné.

Mes journées, mes soirées,

Tout ce que t'as voulu.

 

 

Et je t'ai consacré

Toutes mes pensées.

Jusqu'au cœur de la nuit

Où quand l'âme s'apaise

Je te voyais en rêve 

Et m'éveillais sans bruit

Pour coucher sur papier 

Les idées productives

Que Morphée m'apportait

Quand en pensant à toi

Le soir je m'endormais

 Épuisé mais serein.

 

Dans ton monde malsain

 Occupée à des tâches futiles 

Je me  sentais utile.

Je croyais qu'tu voulais

M'garder à tes côtés.

 

Depuis qu'javais signé 

J'nous croyais engagés 

Pour toujours. 

 

Mais un jour, tu as changé.

Tu m'as mise au placard

Et fais broyer du noir.

Puis tu m'as harcelé.

T'as cru qu'jallais partir ?

J'étais encore choquée 

De voir ton amour m'abandonner 

Mais j'n'ai pas voulu faiblir 

Et pour me dégager 

Tu as dû m'licencier.

 

Tu sais, vraiment, je t'ai aimé 

Pour toi, j'ai tout quitté.

Je t'ai tout donné,

Mes meilleures idées,

Mes meilleures années.