(Slam présenté à Montreuil le 30 juin 2026)
On respire aujourd'hui dans ce monde maudit.
De l'air frais sur nos terres
Desséchées par l'été.
On renaît, on espère ,
On sourit, on revit.
Nous, nous sommes là, encore
Mais il y a eu des morts.
Dans les ephad, les hôpitaux,
Logements trop chauds,
Mille morts humains
Et millions d'animaux.
On respire aujourd'hui
Dans ce monde maudit.
Mais pour combien de temps ?
Quel av'nir nous attend ?
Faudra-t-il revivre ça ?
Enfermés dans le noir
Trempés d'sueur
Face au ventilateur
À attendre le soir...
Ça n'peut plus durer comme ça.
Non, ça n'peut pas.
Consensus scientifique,
Réchauffement climatique...
On a eu chaud hier
Et ça s'ra pire demain
Mais que peut-on y faire
Avec nos petites main ?
Certains n'ont pas eu chaud.
Bolloré et Dassault,
Stérin, Bernard Arnault...
Devrais-je les imiter ?
Face à la canicule
S'envoler sans scrupules
Dans un beau jet privé
Partir aux Philippines
Et sur une plage privée
Ou au bord d'une piscine
Boire à petite gorgées
Un champagne bien frappé.
Pendant c'temps, l'étudiant,
Dans sa chambre de bonne,
Mansarde sous les toits,
Aux songes s'abandonne.
Flotte dans les airs une grande villa,
Palais de féérie,
Des moulures au plafond, de belles boiseries,
Des meubles marquetés. Tout est climatisé.
Le propriétaire est aux Philippines,
Au bord d'une piscine.
La maison est vide.
Et soudain, l'étudiant comprend
Que cette villa est là, pas loin,
Qui l'attend
Avenue Foch, à Paris.
Avec des amis : des sans-abris,
Des mal logés, des surchauffés,
D'une main sure,
Il fait sauter la serrure.
Dans ce palais climatisé,
Ils établissent un camp, des lits,
Un refuge climatique
Face à un monde apathique.