lundi 20 juillet 2026

Répit entre canicules - slam

 (Slam présenté à Montreuil le 30 juin 2026)

 

On respire aujourd'hui dans ce monde maudit.

De l'air frais sur nos terres

Desséchées par l'été.

On renaît, on espère ,

On sourit, on revit.

 

Nous, nous sommes là, encore

Mais il y a eu des morts.

Dans les ephad, les hôpitaux,

Logements trop chauds,

Mille morts humains 

Et millions d'animaux.

 

On respire aujourd'hui

Dans ce monde maudit.

Mais pour combien de temps ?

Quel av'nir nous attend ? 

Faudra-t-il revivre ça ?

Enfermés dans le noir

Trempés d'sueur

Face au ventilateur

À attendre le soir...

Ça n'peut plus durer comme ça.

Non, ça n'peut pas.

Consensus scientifique,

Réchauffement climatique...

On a eu chaud hier 

Et ça s'ra pire demain

Mais que peut-on y faire 

Avec nos petites main ? 

 

Certains n'ont pas eu chaud.

Bolloré et Dassault,

Stérin, Bernard Arnault...

Devrais-je les imiter ?

Face à la canicule

S'envoler sans scrupules 

Dans un beau jet privé 

Partir aux Philippines

Et sur une plage privée 

Ou au bord d'une piscine

Boire à petite gorgées

Un champagne bien frappé.

 

Pendant c'temps, l'étudiant,

Dans sa chambre de bonne,

Mansarde sous les toits,

Aux songes s'abandonne.

 

Flotte dans les airs une grande villa,

Palais de féérie,

Des moulures au plafond, de belles boiseries,

Des meubles marquetés. Tout est climatisé.

Le propriétaire est aux Philippines,

Au bord d'une piscine.

 

La maison est vide. 

 

Et soudain, l'étudiant comprend

Que cette villa est là, pas loin, 

Qui l'attend 

Avenue Foch, à Paris.

 

Avec des amis : des sans-abris,

Des mal logés, des surchauffés,

D'une main sure,

Il fait sauter la serrure.

 

Dans ce palais climatisé,

Ils établissent un camp, des lits,

Un refuge climatique 

Face à un monde apathique.  

Lutte Ouvrière - slam

 (slam présenté au Petit Ney le 20 juin 2026)

 

Le dira-t-on ? Oui, j'ose !

Lutte Ouvrière, quand-même, c'est toujours la même chose.

Toujours les mêmes refrains, toujours les mêmes chansons 

Qui en toute occasion parlent de révolution.

 

Ils nous parlent du Capital, livre du 19ème siècle !

Ce vieux bouquin usé parle de boulangers

Qui vendent des pains fabriqués avec de la farine coupée

À la poussière

C'est moins cher.

En ces temps-là, il n'y avait pas 

De contrôles qualités

De normes établies 

Pour causer des soucis

À qui désire vendre à ceux qui veulent acheter.

C'était le temps de la liberté,

Du capitalisme débridé.

 

En ce temps là, parfois,

Le smog répandait sur la ville

 Une odeur bien vile,

Une poussière de charbon

En crassant les poumons.

Ces jours-là, les bourgeois 

Dans leurs calèches tirées

Par quatre destriers 

S'en allaient à la campagne

Où l'air pur et le calme

Permettent posément 

D'élaborer les plans

Des prochaines usines 

Qui empliront la ville 

De nouvelles toxines.

 

Mais les choses ont changé !

Aujourd'hui quand la canicule brûlante 

Nous enlace de sa chaleur étouffante,

Elon Musk, Bolloré,

Ne montent plus dans une calèche dorée.

Non ! Ils prennent leurs jets privés

Partent aux Maldives ou à l'Île de Ré, 

Et au long du trajet ils rejettent des fumées 

 Qui comme une chape noire...

 

Le Capital, au fond, c'est toujours la même chose. 

Toujours les mêmes refrains, 

Toujours les mêmes patrons

Qui en toute occasion 

Nous volent notre pognon.